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- La Route de l'Esclave - Podere Fidelin
Mémoire, travail et paysage dans la Terre‑de‑Bas la plus authentique Le site historique le plus important de Terre‑de‑Bas est le domaine Fidelin, ancienne poterie tournée vers la Grande Baie, aujourd’hui reconnue comme l’une des étapes symboliques de la Route de l’esclave – Traces‑Mémoires en Guadeloupe, un itinéraire de mémoire promu par le Conseil Général et intégré au projet de l’UNESCO sur la route des esclaves. Fondée vers 1760 par Jean‑Pierre Fidelin, membre de l’une des plus anciennes familles créoles de la Guadeloupe, la fabrique devint rapidement l’un des principaux moteurs économiques de l’île grâce à la production de moules pour les pains de sucre et de grandes jarres pour la mélasse, indispensables à l’industrie sucrière de l’époque. L’argile était transportée depuis Terre‑de‑Haut et travaillée sur des tours à manivelle directement sur le site, par une main‑d’œuvre composée entièrement d’esclaves: en 1811, on en recense 121, nombre qui atteint 130 en 1837, employés comme potiers, transporteurs, bûcherons et opérateurs des fours. Les grands fours, hauts jusqu’à 8 mètres et capables d’atteindre des températures d’environ 900 °C, cuisaient des moules de plus de 50 cm de hauteur, tandis que les sucreries de l’archipel nécessitaient des milliers de pièces chacune, avec un renouvellement constant dû aux ruptures : un système de production intense, qui raconte de manière tangible la dureté du travail servile et la dépendance économique au cycle du sucre. À partir de la fin du XVIIIᵉ siècle, la production, initialement centrée sur le matériel lié au sucre, se diversifie : marmites, briques, tuiles, pots de fleurs et grandes jarres accompagnent le déclin du marché du sucre blanc et l’évolution de l’économie locale. Dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, après l’abolition de l’esclavage, l’activité devient intermittente, jusqu’à la reconversion du site en distillerie de bois d’Inde et sa fermeture définitive autour de 1920. Aujourd’hui, le domaine Fidelin conserve les murs en élévation de la poterie, deux fours bien lisibles, une grande citerne, les vestiges d’un moulin à bêtes et diverses structures en ruine, sur une superficie de plus de deux hectares en bord de mer: un paysage industriel d’époque coloniale qui se fond avec la végétation tropicale et la lumière caribéenne. Atteindre le domaine Fidelin est déjà en soi un petit voyage dans la géographie intime de Terre‑de‑Bas. Le site se trouve dans la partie orientale de l’île: on emprunte d’abord la D213, puis une route tranquille qui traverse des jardins, des potagers et de petits hameaux créoles avant de s’ouvrir vers la Grande‑Baie. Les navettes en provenance de Terre‑de‑Haut accostent au débarcadère de l’Anse des Mûriers, principal point d’entrée de l’île. De là, le domaine Fidelin se trouve à environ 20–25 minutes à pied ou 10 minutes à vélo. Le parcours pédestre est simple et immergé dans la nature: depuis le débarcadère, on suit la route principale vers le sud, en longeant des maisons créoles et de petits jardins. Après environ un kilomètre, on emprunte la D213, qui mène directement à la zone archéologique. La route est asphaltée, avec des tronçons ombragés et d’autres plus exposés au soleil, invitant à marcher tranquillement, en laissant l’île révéler sa dimension la plus authentique. Les amateurs de vélo trouveront un itinéraire idéal: légères montées et descentes, panoramas ouverts sur la mer et possibilité d’explorer les environs, entre potagers, mangroves et petits villages. En haute saison, certains opérateurs locaux proposent des scooters électriques ou de petits véhicules à louer, rendant le trajet encore plus rapide. Le domaine Fidelin est signalé par des panneaux touristiques de la Route de l’Esclave – Traces‑Mémoires en Guadeloupe, qui indiquent l’entrée du site. L’aire est libre d’accès et se visite de manière autonome : un sentier mène aux fours, à la citerne et aux vestiges de l’ancienne poterie, permettant de se déplacer parmi les ruines en toute liberté. Le chemin vers le domaine Fidelin n’est pas seulement un déplacement: c’est une approche lente d’un lieu qui conserve mémoire, silence et histoire. La marche le long de la D213 permet de percevoir la dimension rurale de Terre‑de‑Bas, le rythme de l’île, la lumière qui change entre les mangroves et la mer. C’est un prélude parfait à la visite de l’un des sites les plus significatifs de la Route de l’Esclave, où paysage naturel et paysage humain s’entrelacent en une seule narration. Pour le voyageur contemporain, la visite du domaine Fidelin n’est pas seulement une excursion historique, mais un véritable parcours de conscience: parmi les ruines, le bruit de la mer et le vent qui traverse les vieux murs, on peut imaginer le rythme des tours, la chaleur des fours, les embarcations chargées de moules pour le sucre qui partaient vers la terre ferme. C’est un lieu idéal pour ceux qui souhaitent aller au‑delà des plages de carte postale et comprendre la Guadeloupe dans son ensemble, faite de beauté naturelle et d’une histoire complexe, aujourd’hui racontée avec lucidité et respect à travers un itinéraire de mémoire qui invite non seulement à se souvenir, mais à regarder le présent avec un regard plus conscient. (Testo e foto copyright Stefano Mappa) Slave Route Marie-Galante - Terre-de-Bas | Enjoy Guadalupa
- La Route de l’Esclave - Plantation Les Galets
La Plantation Les Galets, située dans la zone de Le Gouffre à Capesterre‑de‑Marie‑Galante, est l’un des sites les plus anciens et les plus significatifs de la Route de l’Esclave, un lieu où l’histoire, l’archéologie, le paysage et la mémoire se mêlent en une seule et profonde témoignage. Cette vaste plaine côtière de l’est de Marie‑Galante, connue sous le nom de Les Galets, est la partie la plus sèche de l’île, caractérisée par un sol calcaire riche en eau souterraine et par un climat aride: des conditions idéales qui, entre le XVe et le XVIIIe siècle, ont favorisé le développement de la culture de l’indigo, une plante arbustive (Indigofera suffruticosa et Indigofera tinctoria) utilisée pour produire le précieux colorant bleu destiné aux marchés européens. Dans cette région, entre le XVIIe siècle et le début du XVIIIe, jusqu’à 90 indigoteries virent le jour: de petites fabriques spécialisées dans la transformation de l’indigo, permettant aux colons de diversifier leur production agricole durant les périodes de guerre, évitant ainsi la destruction des coûteuses sucreries. La fabrique d’indigo des Galets, aujourd’hui en ruines, était composée d’une série de cuves rectangulaires en pierre calcaire, disposées en séquence et destinées aux différentes étapes de la transformation: la trempoire ou « pourriture », où les feuilles fermentaient ; la batterie, où le pigment était battu pour s’oxyder et prendre sa couleur bleue caractéristique; et enfin le reposoir, où le produit reposait avant l’essiccation. Certaines cuves sont encore visibles à ciel ouvert, d’autres se trouvent sur des terrains privés, mais toutes témoignent d’un passé industriel aujourd’hui presque disparu. Les recherches archéologiques menées en 1995 et 1997 ont identifié onze sites dans la région des Galets, confirmant que cette zone, située entre le Morne Rita et le Morne Constant, était l’un des principaux centres de production d’indigo de l’île. Le choix de ce secteur n’était pas un hasard: faible pluviométrie, présence d’une nappe phréatique, territoire structuré entre une plateforme supérieure et une terrasse littorale, autant d’éléments qui créaient un environnement idéal pour la croissance de l’indigotier et la construction des structures de transformation. Aujourd’hui, en parcourant la plaine des Galets, on peut observer les restes des cuves en maçonnerie, souvent envahies par la végétation, qui racontent l’histoire d’une industrie florissante entre 1680 et 1735, avant que la concurrence massive de Saint‑Domingue ne provoque la disparition totale des indigoteries dans l’archipel. L’une des mieux conservées, celle de Morne‑à‑Bœuf, située un peu plus au nord, a même été classée Monument Historique en 2013, confirmant l’importance patrimoniale de ces structures. La Plantation Les Galets est aujourd’hui un lieu silencieux, enveloppé par la nature, où les cuves en pierre, les ruines dispersées et la végétation qui recouvre tout créent une atmosphère suspendue et authentique, permettant au visiteur de ressentir le poids de l’histoire sans filtres. Intégrée à la Route de l’Esclave, cette trace unique de la production d’indigo est une étape essentielle pour comprendre la complexité économique, sociale et culturelle de Marie‑Galante, une île qui ne fut pas seulement terre de canne à sucre, mais aussi un centre stratégique de production tinctoriale ayant contribué pendant plus d’un siècle au développement de tout l’archipel. (Testo e foto copyright Stefano Mappa) Slave Route Marie-Galante - Terre-de-Bas | Enjoy Guadalupa
- La Route de l’Esclave - La Mare au Punch
La Mare au Punch de Marie Galante, l’un des sites les plus significatifs de la Route de l’Esclave en Guadeloupe, est un lieu où l’histoire de l’esclavage, la mémoire collective et le paysage rural de l’île s’entrelacent de manière profonde et visible. Son nom provient d’un épisode dramatique survenu en 1849, à une époque où, dans la zone correspondant aujourd’hui à Grand‑Bourg, se trouvait la grande sucrerie Pirogue, une usine dédiée à la production de sucre et de rhum qui représentait l’un des pôles économiques de l’île. Cette année‑là, lors des premières élections législatives suivant l’abolition de l’esclavage, la population noire – tout juste libérée – fut victime de lourdes fraudes électorales perpétrées par les Blancs, qui tentèrent de leur empêcher l’exercice du vote. La tension dégénéra en une violente révolte: les milices réprimèrent la protestation avec brutalité, causant la mort de nombreux manifestants. Dans les jours qui suivirent, les anciens esclaves décidèrent de réagir par un geste symbolique et percutant: ils renversèrent toute la production de sucre et de rhum de l’usine dans l’étang adjacent à la plantation, le transformant en un immense “punch” naturel. Cet épisode, transmis par la mémoire populaire, donna son nom au site, qui conserve encore aujourd’hui une grande fosse remplie d’eau, creusée dans le sol, où l’on imagine que ce geste de proteste eut lieu. La Mare au Punch est aujourd’hui un lieu silencieux, enveloppé par la végétation tropicale, où l’histoire n’a pas été reconstruite artificiellement mais laissée intacte, s’exprimant à travers les traces du passé. Un petit pont permet de se pencher au‑dessus du bassin et d’observer la surface de l’eau, souvent sombre et immobile, reflétant la densité symbolique du lieu. De l’autre côté de la route, parmi les buissons, les plantes sauvages et les racines qui envahissent tout, se trouvent les restes rouillés des machines de la sucrerie, engloutis par le temps, ainsi qu’une habitation en ruine qui faisait autrefois partie du complexe industriel. Ces éléments, laissés tels quels, créent une atmosphère authentique et presque suspendue, où le visiteur peut percevoir le poids de l’histoire sans filtres. À proximité des vestiges, une stèle commémorative dédiée aux victimes de 1849 a été érigée, faisant de la visite un moment de recueillement et de conscience historique. Le site est officiellement intégré à la Route de l’Esclave, un itinéraire culturel composé de dix‑huit lieux répartis entre la Guadeloupe et Marie‑Galante, retraçant l’histoire de l’esclavage à travers les plantations, les habitations coloniales, les lieux de révolte et les espaces de mémoire. La Mare au Punch est l’une des étapes les plus marquantes du parcours, aux côtés de la proche Habitation Murat, aujourd’hui écomusée doté d’un jardin médicinal, qui permet de comprendre le fonctionnement des anciennes plantations et la vie quotidienne des esclaves. La visite de la Mare au Punch peut être intégrée au Sentier de Murat, un itinéraire en boucle d’environ 8,9 km qui traverse certains des paysages les plus typiques de Marie Galante : champs de canne à sucre, jardins créoles, pâturages avec bovins et caprins, ainsi que la fraîche Coulée Ouliée, un ravin ombragé par de grands arbres rappelant l’atmosphère forestière de Basse‑Terre. Le long du parcours, par temps clair, s’ouvrent des panoramas spectaculaires sur la Dominique et l’archipel des Saintes, avec la barrière corallienne nettement visible. La Mare au Punch est facilement accessible le long de la RN9, à proximité de l’Habitation Murat, et constitue une étape idéale pour ceux qui souhaitent découvrir Marie‑Galante au‑delà de ses plages, en s’immergeant dans son histoire la plus profonde. C’est un lieu qui émeut, qui enseigne et qui demeure, parfait pour un tourisme conscient, culturel et authentique, capable d’unir mémoire, nature et exploration. Pour quiconque visite l’île, c’est l’une des expériences les plus significatives à inclure dans son itinéraire. (Testo e foto copyright Stefano Mappa) Slave Route Marie-Galante - Terre-de-Bas | Enjoy Guadalupa
- La Route de l’Esclave - Habitation Roussel‑Trianon
Le royaume silencieux de l’ancienne sucrerie Roussel‑Trianon, cœur ancien de Marie‑Galante L’Habitation Roussel‑Trianon, située le long de la Route N9 entre Grand‑Bourg et Saint‑Louis, est l’un des sites historiques les plus emblématiques de Marie‑Galante et un lieu majeur de la Route des Esclaves, le parcours mémoriel qui rassemble les principaux sites liés à l’histoire de l’esclavage sur l’île. Ce domaine est un espace où la tradition sucrière de Marie‑Galante s’entrelace avec l’histoire coloniale, l’évolution technologique et les transformations sociales qui ont marqué trois siècles de production de canne à sucre. Fondée en 1669, l’habitation se développe rapidement grâce à la fertilité des terres et à sa position stratégique sur la côte sud‑ouest de l’île, devenant l’une des sucreries les plus anciennes et prospères de la Guadeloupe. Entre 1720 et 1740, la propriété passe entre plusieurs familles influentes : d’abord Nicolas Bonhomme, créole de Marie‑Galante, puis la famille Fossecave, ensuite Botreau‑Roussel, avant d’être définitivement associée aux Roussel‑Trianon. On raconte que le moulin érigé par Trianon était l’un des plus beaux de l’île, une structure majestueuse et innovante tant par ses techniques de construction que par son fonctionnement, symbole de la solidité et de l’ingéniosité de l’époque. Le site, immergé dans un vaste tapis d’herbe verte soigneusement entretenu, conserve encore aujourd’hui des éléments architecturaux exceptionnels, classés Monuments Historiques depuis 1981, dont le célèbre moulin à vent de 1800, construit en pierre calcaire et orné de motifs sculptés tels qu’une étoile à huit branches et des cœurs, la grande cheminée en briques et pierre, vestige de l’ère de la machine à vapeur, ainsi que l’écurie en pierre et brique, rare aux Antilles pour la qualité de ses matériaux et de ses techniques de construction. Sous la direction de Paul Botreau‑Roussel, à la fin du XVIIIe siècle, l’habitation connaît une modernisation décisive: en 1800, le moulin à bêtes est remplacé par un moulin à vent, en 1845 une usine à vapeur est construite, et en 1860 Victor Roussel introduit les appareils à triple effet Derosne et Cail, une première aux Antilles, marquant le passage d’une production artisanale à une production semi‑industrielle. Avant l’abolition de l’esclavage en 1848, les esclaves jouent un rôle essentiel dans la transformation du vesou, le jus de canne, en sucre ; après l’abolition, ce sont les “nouveaux libres” qui assurent la continuité de la production, maintenant la sucrerie active jusqu’en 1874, lorsque la crise sucrière antillaise entraîne sa fermeture définitive, laissant derrière elle des ruines imposantes qui racontent encore aujourd’hui l’histoire économique et sociale de l’île. En 2021, le site est sélectionné par le Loto du Patrimoine, obtenant des financements destinés à la restauration du moulin à vent et à la valorisation du domaine, aujourd’hui propriété du Conseil Départemental de la Guadeloupe. Visiter l’Habitation Roussel‑Trianon, c’est s’immerger dans un paysage suspendu dans le temps, où la nature enveloppe les structures de pierre et de brique, et où chaque élément architectural — du moulin à la cheminée, de l’écurie aux ruines de la maison de maître — témoigne de la puissance de l’industrie sucrière, de la vie quotidienne dans les plantations, de l’évolution technologique et du poids de l’histoire coloniale. Le site, libre d’accès mais peu aménagé, demande une certaine vigilance lors de la visite ; il représente un lieu de mémoire essentiel, un patrimoine vivant qui invite à réfléchir au passé et à la transformation de Marie‑Galante, une île qui a construit son identité à travers la canne à sucre, le travail, la résistance et la préservation de son histoire. Pour approfondir, il est possible d’explorer l’histoire du moulin à vent, de la cheminée de l’usine à vapeur ou la structure de l’écurie coloniale, des éléments clés pour comprendre l’évolution de l’Habitation Roussel‑Trianon et le rôle central de Marie‑Galante dans l’économie sucrière des Antilles françaises. (Testo e photo copyright Stefano Mappa) Slave Route Marie-Galante - Terre-de-Bas | Enjoy Guadalupa
- La Route de l’Esclave - Habitation Murat
Habitation Murat: le cœur de la mémoire esclavagiste de Marie‑Galante L’Habitation Murat, perchée sur les hauteurs de Grand‑Bourg, est l’un des lieux les plus emblématiques de la Route de l’Esclave, véritable symbole de l’histoire esclavagiste et du patrimoine populaire de Marie‑Galante. Fondée au XVIIᵉ siècle, elle fut l’un des premiers établissements sucriers de l’île et, sous la direction de Dominique Murat, devint en 1839 la plus grande plantation de la Guadeloupe, avec 307 esclaves travaillant à la culture et à la transformation de la canne à sucre. La majestueuse Maison de Maître, de style néoclassique et inspirée des demeures bordelaises, dominait un vaste complexe agricole et industriel comprenant deux moulins (un moulin à vent de 1814 et un moulin à bête), une sucrerie équipée de neuf chaudières, une distillerie, des cuisines, des cases d’esclaves, un hôpital et un grand enclos pour les animaux. La qualité exceptionnelle de la maçonnerie en pierre et l’écusson sculpté sur le moulin à vent témoignent du savoir‑faire des esclaves‑artisans, qui travaillaient aux côtés de techniciens européens. Derrière l’habitation se trouve aujourd’hui le célèbre jardin de plantes médicinales (1978), gardien des connaissances traditionnelles de l’île, tandis que près du littoral se dressent trois cases en gaulette, reconstitutions fidèles des logements des “captifs”, rappel poignant des conditions de vie extrêmement précaires dans les plantations. Le déclin de la propriété commença avec la concurrence du sucre de betterave (1836) et le séisme dévastateur de 1843. Tombée en ruine au XXᵉ siècle, elle fut restaurée dans les années 1960 par la SODEG. En 1979, grâce à une vaste enquête ethnographique, naquit ici le premier écomusée de la Guadeloupe et des Petites Antilles, fondé sur des recherches scientifiques et sur les témoignages des habitants de Marie‑Galante. Aujourd’hui, l’Écomusée regroupe cinq sites majeurs : Habitation Murat, Habitation Roussel‑Trianon, Usines Doro et Pirogue, Mare au Punch. La Maison de Maître abrite l’exposition permanente “Trésors populaires du quotidien”, tandis que le moulin à vent de 1814, classé Monument Historique, est l’un des symboles les plus reconnaissables du site. L’ancien hôpital des esclaves, reconstruit en 1989, accueille désormais le centre de documentation. Le parc de sept hectares, riche en flamboyants, cocotiers et espaces verts, est aujourd’hui le théâtre de grands événements culturels, dont le célèbre festival Terre de Blues. Avec plus de 50 000 visiteurs par an, l’Habitation Murat est l’un des sites historiques les plus fréquentés de l’archipel : un lieu où l’histoire sucrière, la mémoire de l’esclavage et la culture populaire se mêlent à un paysage naturel d’une beauté exceptionnelle. Visiter Murat, c’est traverser trois siècles d’histoire, écouter les voix de la mémoire et découvrir la résilience d’un peuple qui a transformé la douleur en identité, en culture et en patrimoine. Slave Route Marie-Galante - Terre-de-Bas | Enjoy Guadalupa
- La Route des Esclaves - Anse-à-la-Barque
Anse‑à‑la‑Barque: l’indigo, la mer et la mémoire de l’esclavage en Guadeloupe Anse-à-la-Barque: l’indaco, il mare e la memoria della schiavitù in Guadalupa Anse à la Barque, sur la côte ouest de Basse‑Terre, est l’un de ces lieux où l’histoire de la Guadeloupe reste visible, presque palpable. Entre Vieux‑Habitants et Bouillante, cette baie tranquille abrite les vestiges d’une ancienne usine d’indigo, un colorant bleu précieux qui, aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, joua un rôle majeur dans le commerce colonial. Ici, au cœur d’un paysage protégé, les pierres, les cuves et les fragments de céramique racontent encore le travail épuisant des esclaves qui cultivaient et transformaient l’indigo. Dans la zone boisée qui entoure le site, on distingue les petites cuves de macération où les feuilles d’indigo étaient immergées, fermentées puis agitées pour produire le pigment. L’eau douce du ruisseau voisin était essentielle à ce processus, et c’est précisément pour cette ressource que l’usine fut installée ici. La côte sous le vent, plus sèche, favorisait la culture de l’indigo, tandis que la baie offrait un mouillage sûr pour les navires chargés d’exporter le pigment vers l’Europe. La production d’indigo était un travail difficile, marqué par des odeurs fortes, une chaleur accablante et des tâches répétitives. Les esclaves travaillaient sans relâche, dans les champs comme dans les cuves, suivant des rythmes imposés par les besoins du commerce colonial. Malgré la dureté du processus, l’indigo resta pendant longtemps l’un des produits les plus recherchés des Antilles françaises, avant d’être progressivement remplacé par la canne à sucre et le café. Anse à la Barque n’est pas seulement un site industriel ancien: c’est aussi un lieu profondément lié à l’histoire maritime de la Guadeloupe. Sa baie, naturellement protégée, servit de refuge aux navires marchands et de point stratégique durant les conflits coloniaux. Aujourd’hui encore, ses eaux calmes abritent plusieurs épaves historiques. En pratiquant le snorkeling, on peut observer des canons, des structures de cales, des ancres et les restes de flûtes napoléoniennes volontairement sabordées pour éviter leur capture par les Anglais. La Pointe de l’Anse à la Barque, accessible par un court sentier depuis la route nationale, offre l’un des panoramas les plus impressionnants de la côte. Entre falaises, cactus, iguanes et flamboyants rouges, la promenade mène au phare et à l’ancienne batterie militaire, dont les canons sont encore tournés vers la mer des Caraïbes. En contrebas, une petite plage de sable blanc en formation accueille les visiteurs: les coraux brisés par les vagues deviennent lentement du sable fin, créant un paysage en constante évolution. Depuis le rivage, on aperçoit les anciennes rails utilisées autrefois pour tirer les embarcations à sec. C’est ici que commence l’un des plus beaux parcours de snorkeling de Basse‑Terre: poissons juvéniles, tortues occasionnelles, coraux et vestiges historiques se mêlent dans une baie qui reste un véritable musée sous‑marin. On estime qu’au moins vingt‑deux épaves reposent dans ces eaux, accompagnées de milliers de boulets de canon tirés lors des affrontements coloniaux. Visiter Anse à la Barque, c’est entrer dans un espace où la nature et la mémoire se rencontrent. Les ruines de l’usine d’indigo, les traces du travail des esclaves, les épaves silencieuses et la beauté sauvage de la baie composent une histoire complexe, faite de souffrance, de résilience et de paysages spectaculaires. C’est un lieu qui invite à la réflexion autant qu’à la découverte, un patrimoine fragile qui mérite d’être protégé et transmis. (Testo e foto Stefano Mappa) Slave Route Basse-Terre | Enjoy Guadalupa
- La Route de l’Esclave - Habitation Belmont
Trois-Rivières - Belmont: l’ancienne sucrerie de Trois-Rivières, mémoire de l’esclavage dans le sud de Basse-Terre Sur le territoire de Trois-Rivières, sur le versant méridional de Basse-Terre, se trouve l’un des sites les plus anciens et les plus significatifs de l’histoire coloniale de la Guadeloupe: l’Habitation Belmont, un complexe agricole dont les origines remontent aux tout premiers décennies de la colonisation française. Sa position, légèrement en retrait de la côte et immergée dans la végétation tropicale, révèle encore aujourd’hui un passé marqué par la production de sucre, le travail forcé et la vie quotidienne des esclaves qui y furent employés pendant plus de deux siècles. Les premières traces documentaires datent de 1660, lorsque la propriété employait à la fois des colons blancs et des esclaves africains. Le nombre d’esclaves augmenta rapidement: 17 en 1664, 45 en 1671, 77 en 1687, pour atteindre 214 à la veille de la Révolution française. Cette croissance témoigne de l’expansion de la production et de l’importance croissante de la sucrerie Belmont dans la jeune économie de l’île. Au cours du XVIIIᵉ siècle, la propriété fut vendue à plusieurs reprises, notamment en 1752 et en 1772, mais resta durablement liée à la famille Botreau Roussel, qui en assura la gestion pendant près de deux siècles. L’habitation produisait du sucre, du manioc et du maïs, et disposait d’une sucrerie équipée de quatre chaudières, preuve de son rôle majeur dans la production de sucre brut. Ce processus exigeait une main-d’œuvre nombreuse et des conditions de travail extrêmement difficiles: les esclaves travaillaient dans les champs de canne, au découpage, au transport, à la mouture et à l’ébullition du jus, souvent dans des environnements saturés de chaleur, de vapeur et de bruits assourdissants. Parmi les vestiges les plus significatifs encore visibles aujourd’hui, dispersés sur plusieurs parcelles privées, se distingue la prison en maçonnerie du XVIIIᵉ siècle, l’un des rares bâtiments de ce type encore conservés en Guadeloupe. Construite en pierre locale et dotée d’une seule ouverture, elle servait à enfermer les esclaves punis par le maître de l’habitation. À l’intérieur subsiste une banquette en maçonnerie sur laquelle les esclaves étaient contraints de s’asseoir ou de s’allonger durant leur détention. Cette structure d’environ 4 m² est aujourd’hui l’un des symboles les plus forts de la mémoire de l’esclavage dans la région. La localisation du site Belmont est particulièrement significative: il se trouve dans l’arrière-pays de Trois-Rivières, le long du chemin de Rousse, non loin des anciennes voies de communication reliant la côte aux terres agricoles. La zone, caractérisée par des sols fertiles et un microclimat favorable à la culture de la canne à sucre, fut choisie par les colons pour sa capacité à garantir des productions régulières. L’habitation disposait également d’un magasin côtier utilisé pour le stockage et le transport des produits vers les navires. Aujourd’hui, Belmont est un lieu de mémoire essentiel de la Route de l’Esclave – Traces de Mémoire, car il permet de comprendre de manière directe et tangible la vie quotidienne des esclaves dans les plantations de sucre, le système économique qui les exploitait et les dynamiques sociales qui ont façonné l’histoire de la Guadeloupe. Marcher parmi les vestiges de l’habitation signifie se confronter à un passé complexe, fait de souffrance mais aussi de résilience, et reconnaître l’importance de préserver ces lieux afin que leur histoire ne soit jamais oubliée. Belmont n’est pas seulement un site archéologique: c’est un fragment de mémoire qui subsiste dans le paysage, un lieu où les pierres parlent encore et où l’histoire de l’esclavage s’entrelace avec la beauté naturelle de Trois-Rivières. C’est un lieu qui invite à réfléchir, à comprendre et à se souvenir. Chemin de rousse, 97114 Trois-Rivieres, (Testo e foto Stefano Mappa) Slave Route Basse-Terre | Enjoy Guadalupa
- L’archipel que vous n’attendiez pas – Petite Terre
Les îlots de Petite Terre, situés dans les eaux cristallines de la Guadeloupe, sont un havre de biodiversité extraordinaire, où la nature s'exprime dans une sérénité presque intacte. Ce coin de paradis se compose principalement de deux îles principales, Terre-de-Haut, strictement interdite au public, et Terre-de-Bas, surnommée le phare du bout du monde, qui peut être visitée. Les deux atolls sont entourés d'un récif corallien qui forme un écosystème marin riche en vie. La réserve naturelle qui protège cette zone est un lieu où la tranquillité règne en maître, un refuge tant pour la faune, caractérisée par une forte présence d'iguanes antilopes et de diverses espèces d'oiseaux, que pour la flore, dont l'homme est invité à respecter la fragile harmonie. La végétation, caractérisée par des plantes endémiques et résidentielles, est adaptée aux conditions arides et saumâtres de l'île, tandis que le récif corallien est un paradis pour les amoureux de la nature sous-marine: poissons tropicaux aux couleurs vives, raies pastenagues, tortues de mer et coraux vivants peuplent cet écosystème marin, créant une atmosphère de sérénité. Accessibles depuis Saint-François en quarante-cinq minutes à bord d'un catamaran ou d'un bateau rapide, ces merveilles de la nature immergées dans l'immensité de l'océan Atlantique ont le pouvoir de rappeler les aventures fictives de Robinson Crusoé. https://open.spotify.com/episode/1OvHpXaLUmEkuZxwb820se?si=iRbKKriqQuyVSLgDATIRhw Caraibi Enjoy Guadalupa
- L’archipel que vous n’attendiez pas
Cinq bonnes raisons de découvrir un merveilleux archipel français au cœur de la mer des Caraïbes Parmi les nombreuses îles que la mer des Caraïbes abrite dans ses eaux splendides, il existe un archipel en forme de papillon capable de susciter de profondes émotions chez ceux qui découvrent pour la première fois ces gemmes tropicales exclusives. Nous sommes en Guadeloupe, territoire d’Outre‑mer français (Europe), pour explorer une poignée d’îles des Petites Antilles, chacune dotée de son propre charme. L’archipel se distingue par la présence de: magnifiques plages de sable blanc, doré et noir, bordées de hautes palmes de cocotiers; réserves marines et terrestres protégées; une histoire millénaire, héritée des peuples amérindiens, et une histoire séculaire liée à la déportation des esclaves africains; des paysages naturels à couper le souffle, à découvrir en parcourant les innombrables sentiers off‑road; des traditions culturelles et gastronomiques jalousement transmises par une population composée d’un mélange d’ethnies africaines, européennes et indiennes. La Guadeloupe est donc une destination caribéenne d’une beauté absolue, capable d’offrir de nombreuses opportunités de détente et de découverte culturelle. Découvrons‑la dès aujourd’hui, île après île, en écoutant le podcast de Stefano – Enjoy Guadalupa. Le podcast : https://open.spotify.com/episode/4xFA8epKd7fxkLmmq9ZESk?si=5d52d81eb1cb4ac5 Caraibi Enjoy Guadalupa
- L’archipel que vous n’attendiez pas Grande‑Terre
Grande‑Terre est l’une des deux îles principales qui composent l’archipel de la Guadeloupe, situé dans les Antilles, en mer des Caraïbes. Elle se trouve dans la partie orientale de l’archipel et est séparée de l’île voisine de Basse‑Terre par la rivière Salée. Avec une superficie de 585 km², l’île présente une forme allongée et une géographie variée, alternant plages de sable, falaises et baies protégées. Le paysage de Grande‑Terre est dominé par des collines et des plaines recouvertes d’une végétation typique des zones tropicales. La partie centrale de l’île accueille des terres agricoles, tandis que ses côtes sud et est sont bordées de plages de sable blanc et d’eaux cristallines, idéales pour la détente et les activités balnéaires. La côte nord et ouest, en revanche, est caractérisée par des falaises et des zones sauvages, offrant des panoramas spectaculaires et une atmosphère intime et préservée. Grande‑Terre possède une histoire riche et fascinante qui remonte à la période coloniale, lorsque les Français la découvrirent en 1635. Au cours des siècles suivants, l’île devint un important centre de production de sucre et de rhum, des activités qui constituent encore aujourd’hui une part significative de son économie. Cependant, avec le temps, le tourisme a pris une place de plus en plus importante, attiré par ses beautés naturelles, ses plages préservées et sa culture vibrante. En résumé, Grande‑Terre est une île qui allie paysages à couper le souffle, histoire captivante et culture dynamique. C’est l’une des destinations les plus appréciées de la Guadeloupe, capable de séduire aussi bien les amoureux de la nature que les passionnés d’histoire et de culture. https://open.spotify.com/episode/7AMr2B2Uvirts5a6jlu5Da?si=6ae6d054d5a84fef Caraibi Enjoy Guadalupa
- L’archipel que vous n’attendiez pas Basse‑Terre
Notre circuit en Basse-Terre touchera les seize communes de l'île, un circuit qui, à la lumière de ses principaux attraits naturels tels que la forêt tropicale luxuriante, les splendides réserves marines et les majestueuses chaînes de montagnes, au-dessus desquelles le volcan actif de la Soufrière domine de façon imposante, nous permettra de visiter des cascades, des bains chauds, des jardins botaniques, des aquariums naturels uniques et de parcourir des sentiers préservés. Mais l'histoire jouera également un rôle décisif dans le déroulement de notre voyage. Les musées de plein air des Roches Gravées à Trois-Rivières et de Vieux-Habitants témoignent aujourd'hui de l'existence d'Amérindiens tels que les Arawaks. Découverte par Christophe Colomb en 1493 lors de son second voyage vers le Nouveau Monde, Basse-Terre est deux siècles plus tard une terre de conquête pour les Français, qui y développent progressivement différents types d'activités agricoles, en premier lieu la culture de la canne à sucre, encore très active aujourd'hui sur une grande partie de l'île. La présence d'importantes distilleries témoigne d'une vocation séculaire pour ce type de culture, et les vestiges d'anciennes usines, autrefois dédiées à la production de sucre et de rhum, représentent pour l'UNESCO un patrimoine de la plus haute valeur historique qui rappelle inexorablement le passé de l'île, un passé sombre caractérisé par les déportations et l'esclavage. Mais la canne à sucre n'est pas la seule à avoir joué un rôle déterminant dans le développement économique et démographique de Basse-Terre. Les anciennes plantations de cacao, de bananes et de café ont été transformées en élégants musées et résidences qui attirent des milliers de touristes; les jardins botaniques et zoologiques abritent des plantes et des espèces animales extrêmement rares; enfin, ses plages au sable noir et doré recouvertes de grands cocotiers sont l'endroit idéal pour passer des moments inoubliables de pure détente. La visite de cette merveilleuse île de la Guadeloupe nous permettra donc de vivre des expériences significatives en plein contact avec son écosystème et son histoire, grâce aussi au grand respect que la population locale porte à son territoire et à ses traditions. e voyage se poursuivra autour du périmètre de l'île, en passant par les principales attractions naturelles, telles que les parcs et les plages, et les sites d'intérêt historique et culturel. https://open.spotify.com/episode/7K3FVUxYWyR4JJvNX4PhCt?si=vR9BO02iSlu-QsvGvuDNgw Caraibi Enjoy Guadalupa
- L’archipel que vous n’attendiez pas – Désirade
La Désirade est une petite île d'origine volcanique, découverte en 1493 par Christophe Colomb lors de son second voyage en Guadeloupe. Cette île porte les traces de la phase la plus ancienne de l'histoire géologique des Petites Antilles et doit son nom aux membres de l'équipage du navigateur génois. Considérée comme un joyau des Caraïbes, La Désirade est un coin de nature sauvage niché dans les eaux chaudes et cristallines de la mer des Caraïbes. Avec ses plages enchanteresses, ses paysages spectaculaires, ses ruines historiques, ses objets anciens et ses zones isolées, elle offre un paysage naturel d'une rare beauté. Sa forme allongée unique, les récifs coralliens qui protègent son littoral et ses plages immaculées en font une destination touristique unique, romantique et mystérieuse. Il est facile de l'explorer en louant des bicyclettes ou des véhicules motorisés légers. Autrefois, La servait de refuge aux lépreux venus de France sous le règne de Louis XIV. Aujourd'hui, l'île compte environ 1 600 habitants, dont beaucoup sont des descendants des anciens Bretons et Normands. Le territoire est divisé en quatre quartiers: Quartier des Sables, Quartier des Galets, Le Souffleur et Baie-Mahault. Notre circuit nous emmènera à la découverte de l'île, en parcourant son territoire et en admirant le charme de ses plages, ses principaux sites historiques et les sentiers escarpés et verdoyants qui mènent au sommet de l'île, offrant des vues à couper le souffle. Nous aurons également l'occasion de suivre des sentiers de randonnée qui nous emmèneront à la découverte de la réserve naturelle nationale de la Désirade, une zone protégée dotée d'un patrimoine géologique extraordinaire et d'espèces rares de flore et de faune, comme le cactus Tête à l'Anglais et les célèbres iguanes des Petites Antilles. https://open.spotify.com/episode/00ffdhC5uLVvQlQwmd0p5I?si=RUQLanMoS0aVa4d2Jc5Q8w Caraibi Enjoy Guadalupa












