Visiter Petit-Canal (Vidéo)
En tournée avec Enjoy Guadalupa









Située sur le versant ouest de l’île de Grande‑Terre, la ville de Petit‑Canal, autrefois appelée Mancenillier, doit son nom à un petit canal creusé au XVIIIᵉ siècle pour permettre le passage des embarcations vers la commune de Morne‑à‑l’Eau. Ce petit bourg abrite des monuments commémoratifs liés au passé esclavagiste de la Guadeloupe, des témoignages de l’ancienne production sucrière, ainsi qu’un petit port utilisé pour l’amarrage des bateaux de pêche et pour les excursions vers la célèbre lagune du Grand‑Cul‑de‑Sac‑Marin.
Parmi les lieux liés à la déportation des esclaves d’Afrique, le parcours conduit à la Flamme de l’Esclave Inconnu, à la Escalier des esclaves qui mène à l’église Saint‑Philippe‑et‑Saint‑Jacques, au monument célébrant l’abolition de l’esclavage et, enfin, à la prison des esclaves. Concernant le passé sucrier, on peut aujourd’hui admirer les vestiges du site Duval et, au cœur d’une luxuriante réserve biologique, l’ancien moulin Poyen. À environ douze kilomètres du centre de Petit‑Canal, on atteint la plage sauvage de l’Anse Maurice, connue pour son caractère préservé et pour les célèbres compétitions de traction de bœufs.
Le point de départ du tour est le monument aux morts de Petit‑Canal, dédié aux soldats de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Situé à côté de l’hôtel de ville, le site se distingue par une longue volée de marches jaunes bordée de plantes luxuriantes. Au sommet se trouve une statue en bronze réalisée en 1930 par le sculpteur italien Giuseppe Pannini.
À environ un kilomètre du centre‑ville, moins de cinq minutes de marche suffisent pour rejoindre, via Rue de l’Église, la scalinata degli schiavi. Reconstruite après 1848, l’histoire raconte que les esclaves, une fois débarqués sur le quai adjacent, la gravissaient pour être conduits aux marchés. Le long des murs verticaux de l’escalier sont apposées des plaques portant les noms des différentes tribus africaines déportées.
Au pied de la scalinata se trouvent la Flamme éternelle de l’Esclave Inconnu et le buste de Louis Delgrès, célèbre au début du XIXᵉ siècle pour son engagement contre l’esclavage. Inaugurée le 28 mai 1994, la flamme est représentée par une torche qui, selon les historiens, renfermerait quarante fouets remis par autant de maîtres après l’abolition de l’esclavage.
La visite des principaux musées de Grande‑Terre se poursuit dans le charmant bourg de Petit‑Canal, célèbre pour le Musée de la vie d’Antan, la Escalier et la prison des esclaves. Le Musée de la vie d’Antan est une véritable machine à remonter le temps, présentant les arts et traditions populaires de la Guadeloupe jusqu’aux années 1960. Grâce à l’historien Raymond Boutin et à une vaste collection d’objets du quotidien, le musée a été créé pour transmettre aux nouvelles générations les coutumes, la vie quotidienne et l’évolution des comportements des habitants de la région.
Inauguré le 23 mai 2001, il est géré par l’Association Patrimoine et Savoirs, qui propose des expositions permanentes permettant aux visiteurs de découvrir les objets usuels du passé et de comprendre comment les Amérindiens utilisaient le feu et la lumière. La mission du musée est de sauvegarder les anciennes habitudes de vie et de permettre à tous ceux qui œuvrent pour la défense du patrimoine d’apporter leur soutien, afin que le musée s’inscrive pleinement parmi les attractions culturelles de la Guadeloupe et poursuive sa vocation éducative et pédagogique.
Au sommet de la Escalier se dresse l’église Saint‑Philippe‑et‑Saint‑Jacques, détruite lors du séisme de 1928 et reconstruite en 1865 par le célèbre architecte local Ali Tur. Dotée d’une nef unique, elle abrite de beaux vitraux et un magnifique autel en maçonnerie. Face à l’église se trouve le plus ancien monument de la Guadeloupe: le Tronc des Âmes. Ce monument représente le mémorial de l’esclavage, et l’inscription Liberté – 1848 rappelle la date de l’abolition définitive de l’esclavage, le 27 avril 1848, grâce au décret de Victor Schoelcher, figure majeure du XIXᵉ siècle et défenseur des droits humains.
À deux minutes de marche de la scalinata, Petit‑Canal offre un autre site historique majeur: la Prison des esclaves, aujourd’hui en ruines, envahie par les racines séculaires de figuiers. Le plus spectaculaire, lié à une légende selon laquelle les esclaves auraient planté des graines de figuier pour provoquer la destruction progressive de la prison, est le fameux “figuier maudit”. Ses branches et ses énormes racines ont littéralement enserré les murs, symbolisant la fin de siècles d’esclavage.
En quittant le centre‑ville, douze minutes de route le long de la N6 suffisent pour atteindre le moulin Poyen. Situé dans une réserve biologique luxuriante, ce site datant de 1780 est accessible via un parcours en boucle de deux kilomètres. À proximité du moulin se trouvent d’anciennes installations hydrauliques du XXᵉ siècle, des citernes, un puits et un abreuvoir.
Vingt minutes plus tard, en suivant le Chemin de Sainte‑Élise, on atteint le site Duval. Autrefois, ce lieu abritait une sucrerie où travaillaient des ouvriers venus de Sainte‑Lucie, Dominique, Antigua et Saint‑Martin. Aujourd’hui, sur ses six hectares, le site Duval accueille l’Espace International de la musique Ka, symbole des tambours du Sud. Le Fondal Ka, immense tambour emblématique de ce genre musical issu des danses des esclaves d’Afrique, y occupe une place centrale, ainsi que le chemin des tambouyès, où douze totems rendent hommage aux plus grands maîtres du Ka. Chaque année, le site accueille des événements publics tels que le festival des danses indiennes et des musiques caribéennes.
Le tour de Petit‑Canal se termine à la plage de l’Anse Maurice. Accessible en quinze minutes depuis le site Duval, cette plage est connue pour sa vaste zone aménagée, ses carbets où les familles se réunissent pour des pique‑niques, ses eaux idéales pour le snorkeling, et surtout pour les célèbres courses de traction de bœufs.
Cette compétition traditionnelle, née en 1970, vise à rappeler le rôle séculaire des bœufs dans le transport de la canne à sucre. Classés en cinq catégories selon leur poids, les bœufs doivent parcourir le plus rapidement possible une montée tracée sur le flanc d’une colline, tirant un chargement variant de 1 300 à 1 700 kg, sous un maximum de douze coups de fouet du conducteur, assisté d’un aide.




