Visiter Les Saintes - Terre-de-Bas
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Accessible en environ vingt minutes de navigation depuis le port de Trois‑Rivières (Basse‑Terre) grâce à un ferry rapide, ou en une quinzaine de minutes depuis le quai de Terre‑de‑Haut à bord d’une petite embarcation, Terre‑de‑Bas est l’autre île habitée des Saintes, autrefois véritable moteur économique de l’archipel.
Découverte par Christophe Colomb en 1493, l’île de Terre‑de‑Bas fut habitée, avant la colonisation française, par les Amérindiens. Aujourd’hui, grâce à la découverte de céramiques, de haches en coquillage utilisées pour abattre les arbres et d’ossements humains, les archéologues ont pu identifier les traces de leur présence.
L’île compte deux villages: Petites‑Anses, chef‑lieu administratif situé à l’ouest, et Grande‑Anse, établi sur la côte orientale.
Peu fréquentée par le tourisme de masse, Terre‑de‑Bas a su préserver son authenticité, protéger son patrimoine naturel et historique et maintenir un mode de vie traditionnel — autant de richesses précieuses pour le développement de l’écotourisme et la convivialité de l’accueil.
L’arrivée sur l’île se fait à l’Anse des Mûriers, sous la protection des statues de la Vierge et de Neptune, et de la batterie de canons de la Pointe du Fer à Cheval. De là, la découverte de cette petite perle des Caraïbes peut commencer à pied, ou en louant sur place un scooter, une voiture ou un minibus.
Le site historique le plus important de Terre‑de‑Bas est le Domaine Fidelin, ancienne fabrique de céramique des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, classée en 1997 site d’intérêt majeur dans le cadre du projet UNESCO « La route des esclaves ».
En quittant le petit port, le Domaine Fidelin est accessible en suivant la D213, grande voie de communication qui domine l’imposante Grand Baie.
Ce site, autrefois moteur économique de l’île et également connu sous le nom de « fabrique de Grand Baie », fut fondé en 1760 par Jean‑Pierre Fidelin. Aujourd’hui, on peut encore y admirer de nombreuses vestiges : deux fours remarquablement conservés, un atelier, plusieurs citernes, un bâtiment circulaire destiné à la préparation de l’argile, ainsi que d’autres structures qui font de ce lieu une attraction touristique majeure. L’histoire raconte qu’en 1837, la fabrique employait 130 esclaves, travaillant comme potiers, transporteurs, bûcherons, ou encore comme alimentateurs des fours.
À la fin du XVIIIᵉ siècle, l’activité céramique était principalement consacrée à la fabrication de vaisselle (certaines pièces dépassaient les 50 cm). Dans les années suivantes, le domaine diversifia sa production: pots, vaisselle variée, briques et tuiles. Sa position privilégiée en bord de mer facilitait le chargement des bateaux pour les livraisons vers la Guadeloupe continentale. C’est dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, après l’abolition de l’esclavage, que l’activité déclina rapidement avant de cesser définitivement.
En poursuivant le long de la D213, on atteint Petites‑Anses, petit village niché dans une cuvette entourée de collines. Ce bourg abrite la mairie et la Place de la Mairie, qui rappelle l’importante date du 9 août 1882, jour où Terre‑de‑Bas, alors rattachée à Terre‑de‑Haut au sein de la « Commune des Saintes », devint une commune autonome.
Depuis Petites‑Anses, en empruntant la rue du Gassis, on rejoint la baie de l’Anse à Dos, oasis de paix offrant une vue exceptionnelle sur la Pointe Miquelon et l’océan Atlantique.
Les nombreuses anses qui bordent l’île permettent aux amateurs de snorkeling d’admirer la grande diversité de poissons coralliens et pélagiques, de langoustes, de crustacés et de mollusques, et même de s’aventurer au large pour observer cétacés, baleines à bosse, cachalots et dauphins.
Grâce à ses reliefs, dont le Morne Abymes, point culminant de l’île avec ses 293 mètres, Terre‑de‑Bas est constituée d’un vaste plateau appelé Massif Central. Ces reliefs permettent de nombreuses randonnées offrant des panoramas extraordinaires et un accès au cœur de l’île.
Sept sentiers sont présents sur l’île: Trace des Pélicans, Grand’Anse Morne Sec, Trace des Mornes, Trace du pied de l’Étang, Trace du dessus de l’Étang, La boucle de Terre‑de‑Bas, et Trace des Falaises.
En quittant Petites‑Anses, la dernière étape de Terre‑de‑Bas est le village de Grand‑Anse, un petit ensemble de maisons privées et touristiques dominant la plus belle plage de l’île: Grande Anse, un lido d’environ un kilomètre, faisant face à la baie des Saintes et à l’île de Cabrit.
Bien que la baignade y soit déconseillée en raison des fortes courants, Grande Anse est un lieu idéal pour les amateurs de surf et de bronzage. Entre mai et juillet, la plage est particulièrement connue comme site de nidification des tortues marines. Avec un peu de chance, il est même possible d’assister à l’éclosion des œufs.
Enfin, l’artisanat, aux côtés de la pêche et du tourisme, joue un rôle essentiel dans l’économie de l’île. On y fabrique des objets en vannerie ainsi que le célèbre chapeau “Salako”, couvre‑chef encore porté par certains pêcheurs, originaire d’Indochine, recouvert de tissu blanc sur la partie supérieure et bleu sur la partie inférieure, ou du traditionnel tissu madras.

