

Bien que les origines de cette plantation d’environ 120 hectares ne soient pas entièrement connues, on estime que la Plantation Beausoleil appartint à la famille De Montéran au moins depuis le dernier quart du XVIIᵉ siècle jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle. À cette époque, environ une centaine de personnes réduites en esclavage y auraient travaillé.
En 1755, elle fut héritée par Antoine Le Pelletier grâce à son parrain, Monsieur Bourdaise de Montéran.
En 1835, la plantation était consacrée à la production de sucre et de rhum ; les 147 esclaves qui y travaillaient étaient logés dans cinquante‑six habitations aux fondations solides, avec des murs en planches de bois et des toits en chaume.
Lorsque l’esclavage fut aboli en 1848, les 163 esclaves présents à Beausoleil choisirent de rester pour continuer leur travail.
En 1850, il n’en restait plus que 55 au service de l’héritière, Madame Le Pelletier de Montéran, qui, après avoir fondé une entreprise, leur fournit des logements et un salaire correspondant à un tiers de la production de sucre.


Construit en 1649 par Charles Houel, le Fort Delgrès est aujourd’hui le symbole de la lutte contre l’esclavage menée au début des années 1800 par Louis Delgrès.
En 1802, il fut le théâtre de combats entre les troupes du général Antoine Richepance — envoyées par Bonaparte pour rétablir l’esclavage aboli en 1794 — et les partisans du commandant Louis Delgrès, un homme mulâtre doté d’une longue expérience militaire dans la lutte contre les Anglais, ennemis jurés de toujours.
Classé monument historique en 1977, le site est ouvert gratuitement au public toute l’année et propose des visites guidées, des expositions et divers événements culturels.



Le site Vanibel, autrefois appelé Moulin à l’Eau, appartenait à la famille Leborgne et de nombreux esclaves y travaillaient. Les premières informations historiques concernant cette plantation proviennent d’une carte dessinée par les ingénieurs royaux français entre 1765 et 1770.
Les cyclones de 1821 et 1825 causèrent des dégâts dévastateurs aux bâtiments de la plantation, entraînant son déclin et sa vente deux ans plus tard.
On estime que le nouveau propriétaire, Charles Billery Richeplaine, entreprit plusieurs travaux de restauration, notamment sur le moulin qui porte encore l’inscription « DAVID M 1827 ». Par la suite, il agrandit le domaine en achetant des plantations de café, de bananes et de manioc. Les champs de canne à sucre furent presque abandonnés après l’abolition définitive de l’esclavage en 1848.
La plantation changea de propriétaire à plusieurs reprises jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle, avant de reprendre au début du XXᵉ siècle avec la production de café.
La position privilégiée du site Vanibel — situé en zone collinéenne, sur un sol volcanique, au cœur d’une végétation luxuriante favorisée par un fort taux d’humidité — garantit depuis des siècles l’une des meilleures qualités de café au monde. Grâce également à la présence de charmants cottages traditionnels, Vanibel est devenue une importante attraction touristique.


La Grivelière est une plantation fondée à la fin du XVIIᵉ siècle.
En 1843, Auguste Périollat lui attribua son nom actuel en la destinant à la production de café et de cacao.
Située le long de la Grande Rivière des Vieux‑Habitants, au cœur du Parc national de la Guadeloupe, à 200 mètres d’altitude, La Grivelière est l’une des habitations agricoles les mieux conservées des Petites Antilles.
À l’intérieur du domaine, il est possible d’effectuer une petite visite du magnifique jardin créole, puis de déguster, en fin de parcours, une tasse de café ou de chocolat chaud.
La Grivelière abrite une douzaine de bâtiments, dont une maison de maître, la maison du régisseur, les logements des travailleurs permanents, une torrefaction, des moulins, un oratoire, ainsi qu’une reconstitution des cases d’esclaves.


À Anse‑à‑la‑Barque, petite localité située à proximité de Vieux‑Habitants, subsistent encore les vestiges bien conservés d’une ancienne fabrique autrefois dédiée au traitement de l’indigo, plante tropicale à partir de laquelle on extrayait un colorant bleu.
Sur le site, ont été retrouvés plusieurs éléments datant du XVIIᵉ siècle, tels que de petites cuves, des fragments de céramiques et des bouteilles en verre autour de la grande cuve d’agitation ou de macération.
La culture des champs d’indigo était entièrement confiée aux esclaves. En moyenne, deux esclaves étaient affectés par hectare, et le travail dans les plantations était dur et nauséabond en raison des fortes émanations produites par les différentes étapes de transformation de cette plante.
Le choix d’Anse‑à‑la‑Barque comme site idéal pour construire cette petite fabrique résultait de plusieurs facteurs : la côte sous le vent bénéficie d’un climat relativement sec, favorable à la croissance de l’indigo, et le torrent qui coule dans le ravin voisin fournissait une source illimitée d’eau douce, indispensable au processus de production.
Anse‑à‑la‑Barque servait également de mouillage abrité pour les navires, facilitant ainsi les opérations de chargement de l’indigo et son exportation vers l’Europe.


À Trois‑Rivières, au sud de Grande‑Terre, sont conservés les vestiges de l’ancienne Sucrerie Belmont.
Les origines de cette habitation remontent aux débuts de la colonisation de la Guadeloupe: en 1660, on y trouvait déjà des travailleurs blancs et des esclaves noirs.
Ces derniers étaient 17 en 1664, 45 en 1671, et 77 en 1687.
Vendue à deux reprises, en 1752 puis en 1772, la propriété demeura entre les mains de la famille Botreau‑Roussel pendant deux siècles.
La sucrerie était équipée de quatre chaudières, et parmi les vestiges encore visibles — dispersés sur plusieurs parcelles privées — se distingue une prison en maçonnerie datant du XVIIIᵉ siècle, dotée d’une ouverture intérieure où étaient enfermés les esclaves punis par le maître de l’habitation.
À l’intérieur, on peut encore admirer un banc en pierre.

